Le retour de « l’énergie-cheval » / The return of the « horse energy « 

Un pas lent et assuré contraste avec les rires et les chants des enfants ravis de se déplacer au rythme du cheval. Encore une attraction touristique me direz-vous…Et bien peut être pas.

Le cheval, chassé de nos villes, il y a une cinquantaine d’années pour laisser la place aux chromes rutilants et aux moteurs ronronnants, se rapproche à nouveau des faubourgs. A l’image de Nayak, un cheval de trait (postier breton) utilisé par la municipalité de La Chapelle-Gaceline dans le Morbihan. Le maire a décidé et fait accepter l’idée que le cheval était plus adapté au transport des enfants de l’école à la cantine et à l’entretien des espaces verts dans les petites rues de sa ville que les véhicules à moteurs. Une anecdote, lubie d’un illuminé ? Les chiffres nous racontent une autre histoire. Aujourd’hui plus de 70 communes françaises utilisent un ou plusieurs chevaux dans la ville. Pour la sécurité ou l’entretien, la traction hippomobile rend bien des services : transport de personnes, ramassage des ordures, entretien des espaces verts… Une enquête Sofres-Haras Nationaux de 2003 montre que plus de 70% des personnes interrogées sont favorables à son retour en ville pour des missions de sécurité ou de services publiques.

Pourquoi le cheval ?

Plus contraignant qu’un véhicule à moteur et moins rapide, le cheval a pourtant un avantage de taille : c’est une énergie renouvelable et peu polluante. Se nourrissant de végétaux, silencieux et accessoirement lent, il est de nouveau en phase avec les critères de développement actuels dans des centres villes dévitalisés, où la mécanique est reine.

Et le crottin ? Une composante incontournable de la traction animale, les déjections des chevaux sont valorisables sans infrastructures lourdes. Aurore Dupuis, en charge de Nayak, plaisante à ce sujet : «Ça ne traîne pas. Les gens ramassent le crottin très vite. D’ailleurs, les fleurs n’ont jamais été si belles dans la commune» (Télégramme de Brest du 20 octobre 2010)

Les équidés sont surtout des créateurs de lien social et un vecteur pédagogique formidable. Les expériences de collectes de déchets ont montré que les éboueurs (ripeurs) étaient remarqués, salués et surtout respectés par la population, ne ressentant ainsi plus le poids oppressant d’être transparent. Rapidement acceptés, même par les plus sceptiques, le cheval délie les langues et favorise les rencontres. Dans beaucoup de projets, le cheval est aussi un vecteur d’insertion sociale. Étant remarquables, ils permettent très facilement de faire passer un message de développement durable et améliorent grandement l’image des municipalités l’ayant adopté.

A pieds ou en voiture, quelles différences ? Peu tolérants et habitués à des trafics rapides, les automobilistes doivent s’habituer à la présence des chevaux dans la ville. Porteurs de deux conceptions différentes du transport, la confrontation ne se fera pas sans heurs. Les policiers belges apprécient le rôle de régulation naturelle du trafic en ralentissant l’ensemble des flux. Aurore Dupuis, l’employée communale, souligne les sautes d’humeurs des conducteurs : «Certains conducteurs pestent quand même derrière nous, raconte Aurore. L’autre jour, un semi-remorque nous a doublés à toute allure. Il s’est rabattu en klaxonnant juste sous les naseaux de Nayak qui n’a pas bronché.» (Télégramme de Brest du 20 octobre 2010). Une éducation des deux cotés est plus que nécessaire pour permettre au cheval de revenir sereinement fouler les pavés de nos rues et de nos campagnes comme une alternative viable et sécuritaire.

Ressortir la charrette à foin du grand-père ?

Le retour du cheval comme force de travail en ville comme dans les champs ne pourra se faire sans un travail conséquent de conception de matériels adaptés aux nouveaux usages et surtout aux nouvelles normes.

Au-delà des usagers de la route, c’est un travail global de sensibilisation et d’éducation à l’animal qu’il faut mener sur plusieurs fronts afin que le développement de « l’énergie-cheval » passe de l’expérimental à la norme. Loin d’être cantonné à la ville, le retour du cheval et plus particulièrement du cheval de trait dans des activités économiques éloignées du loisir est cependant une tendance lourde et prometteuse.

 Nayak dans son service quotidien :

Image

http://percheron-international.blogspot.fr

ImageChristopher Santerre – 2011 (http://www.christophersanterre.org/portfolio/cheval-donneur)

A slow and assured pace contrasts with the laughter and songs from the children delighted to travel at the rhythm of the horse. Another attraction you might say … Well maybe not.

The horse, driven out of our cities, about fifty years ago, to make way for gleaming chrome and roaring engines, are back. Just like Nayak, a draft horse (Postier Breton) used by the municipality of La Chapelle-Gaceline in Brittany. The mayor decided that the horse was more suitable for transporting children from school to the restaurant and for maintenance of green spaces in the streets of his city than motor vehicles. An anecdote, a lonely vision? Statistics tell a different story. Today more than 70 municipalities in France use one or more horses in the city. For safety or maintenance, draft horses are really useful: passenger transportation, garbage collection, and green spaces maintenance … A 2003 Sofres-Haras Nationaux survey shows that over 70% of respondents favored the return of the horse in town for security missions or public services.

Why the horse?
More restrictive than a motor vehicle and slower, yet the horse has one advantage: it is a renewable and low emissions energy. Feeding on plants, silent and incidentally slow, it is again in line with the today’s development criteria in devitalized existing town centers, where the motors rule.

What about manure and pollution? As an essential component of animal traction, the droppings of horses are recoverable without heavy infrastructure. Aurore Dupuis, responsible for Nayak, jokes about it: « It does not stay. People pick up the droppings quickly. Moreover, the flowers have never been so beautiful in the municipality « (Télégramme de Brest on 20 October 2010)

Equidates are mainly creators of social ties and a great educational vector. The experiences of waste collections have shown that scavengers are noticed, praised and moreover respected by the people. They do not feel the oppressive weight of being transparent anymore. Quickly accepted, even by the most skeptical, the horse loosens tongues and promotes meetings. In many projects, the horse is also a vector of social integration. Being remarkable, they can easily convey a message of sustainable development and greatly enhance the image of municipalities.

On foot or by car, what are the differences? Less tolerant and accustomed to fast traffic, motorists should get used to the presence of horses in the city. As it carries two different concepts of transportation, the confrontation will not happen without difficulties. The Belgian police appreciate its role of natural regulation of traffic by slowing the flows. Aurore Dupuis, municipal employee, describes the behavior of the drivers: « Some drivers still ranting behind us, says Dawn. The other day, a semi-trailer has doubled in speed. He drove back in the lane, honking just in front of the nose of Nayak who did not flinch. « (Télégramme de Brest on 20 October 2010). Education on both sides is more than necessary to allow the horse to calmly return in our streets and countryside as a viable and safe solution.

Shafting Grandpa’s wagon?
The return of the horse as a labor force in cities and in fields cannot be achieved without significant work to design adapted equipment to new uses and especially to new standards.

Beyond the road users, there is a need of a global education on many fronts to enable the development of « horse energy » from an experimental state to common use. Far from being confined to the city, the return of the horse and especially the draft-horse in commercial activities, far from leisure activities, is a promising trend.

3 réflexions sur “Le retour de « l’énergie-cheval » / The return of the « horse energy « 

  1. le problème du crottin est en effet gérable tant qu’il n’y a que quelques chevaux dans une agglomération. Au delà, n’oublions pas que l’argument principal des défenseurs de l’automobile au début du XXe siècle était l’assainissement des chaussées…

  2. Global, pensons global ! le cheval est un exemple mais n’exclue pas le reste des équidés. Le bœuf peut travailler un nombre plus restreint d’années et semble un peu moins rentable mais pourrait-être également une des solutions.
    Global, toujours global: la question du crottin doit être prise en compte au même titre que la création d’écuries urbaines; d’un système de gestion vétérinaire…
    Le passage de l’expérimental au banal ne pourra passer que par une prise en compte et une gestion globale du problème. Et puis avec les automobiles, les chaussées ne sont pas devenues plus saines, la pollution a seulement changé…

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