L’Amauti ou le porte bébé trois-en-un avant l’heure.

Transporter, protéger et s’occuper de son bébé dans un même temps vous paraît hasardeux ?

Pour les Inuits c’était une évidence. Pour résister aux températures polaires, les hommes comme les femmes portaient des vêtements toujours amples pour créer une couche d’air isolante et dotés d’une capuche large, formant une continuité avec le reste de l’habit : la parka.  Fruit de l’expérience de générations d’utilisateurs, les vêtements en peau, alors seul matériau disponible pour résister aux températures négatives, ont été adaptés aux activités de leurs propriétaires. Alors que ceux des hommes sont restés simples, ceux des femmes se sont dotés, en se spécialisant, d’attributs bien particuliers donnant naissance à un nouvel habit : l’Amauti.

La condition et les activités féminines ont totalement modifié les caractéristiques de ce dernier. La femme, portait un long vêtement similaire à celui des hommes mais muni d’un large pan dorsal lui permettant de se protéger du vent lorsque la nature lui imposait d’être accroupie. En sa qualité de mère, elle devait pouvoir veiller à la bonne santé de son enfant quelles que soient ses activités, y compris lorsqu’elle était dehors. Sa capuche est bien plus grande que celles portées par les hommes. L’enfant, de ses premières heures aux deux à trois premières années de sa vie, pouvait y prendre place. Il bénéficiait alors d’une sorte de poche, à l’image de celles des kangourous, lui permettant à la fois de se protéger du froid et de se reposer dans une enceinte chauffée par la chaleur maternelle.  La mère devait évidemment veiller à ce qu’il n’y ait aucune ouverture dans laquelle l’enfant aurait pu glisser une de ses extrémités.

L’efficacité de cet habit ne s’arrête pas au simple transport du bébé. Pour l’allaitement, la mère peut, en enlevant les bras des manches, faire tourner l’ensemble du vêtement afin que l’enfant se retrouve face à elle et à sa poitrine sans avoir à sortir.

Dans un objet simple en apparence, composé d’une ou deux peaux, trois fonctions sont concentrées : protection, transport et soins. Cette démarche d’efficacité, exacerbée par l’hostilité du milieu ambiant, est un exemple d’un processus de conception à l’économie dont les démarches actuelles d’éco conception devraient s’inspirer.

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